Pourquoi le hunter est aussi peu developpé en France par rapport à d'autre pays (Etats-Unis, Canada, ...) ?

J'ai l'impression que la discipline a un regain d'énergie là où je suis (Finistère) depuis 1 an ou 2. On est encore loin du nombre de concours CSO, mais c'est plus ou moins équivalent au dressage. Le soucis, ce sont surtout le clubs organisateurs qui sont trop peu, car j'ai l'impression que les ados s'intéressent assez à la discipline (plus "sécusisante" que le CSO pour certains, plus fun que le dressage pour d'autres). Ce serait bien qu'il y ait des groupes d'intérêt pour mobiliser des bénévoles localement et organiser plus de concours, mais en pratique, c'est assez compliqué malheureusement...
Bonjour parce que de nos jours l équitation française telle qu elle est enseignée est une équitation de consommation. Que le Hunter est une discipline qui nécessite du travail et de la remise en question...et le Hunter us n est pas comme le Hunter que nous pratiquons en France
https://youtu.be/PcWabVASgYk
Coucou Sophie, vaste sujet mais intéressant vu le nombre de commentaires que cela provoque ! Ayant fait du hunter pendant mes années poney je regrette que cette discipline soit si peu développée en France. La 1ere raison est culturelle pour moi nous ne sommes pas un pays de chasse à courre. Ensuite, les clubs et leurs enseignants ne sont pas formés au Hunter. Il n'est pas vendeur. Dire à ses élèves tu vas sortir en poney 2 figures imposées (60cm) alors qu'ils sortent en poney 1 voir en élite en CSO pas facile à vendre ! Bon même si on a des cavaliers qui sont intéressés une autre difficulté est trouver des concours. Bonjour la chasse au trésor ! La FFE en est bien consciente vu qu'il faut que 2 premiers quarts pour avoir ses qualifs et 6 tours terminés. Perso je ne regrette pas d'en avoir fait bien au contraire. Comme me le disait ma coach "le Hunter c'est la belle équitation" et elle a bien raison !
Le hunter est aussi peu développé car on ne nous a pas éduqué pour cette discipline, que je découvre moi même étant cavalière d'obstacle et complet de plus j'entraîne une équipe, mais je me rend compte que mes élèves vont être amenés à en faire les esprits sont plus relax et moins de tensions que d'aller au plus vite en faisant n'importe quoi et en voulant gagner ,ceci dit mes cours ressemblent à du hunter sans le savoir
Le hunter demande une technique de la part du cavalier et de la part du cheval. Cette technique est peu présente lorsque qu’on regarde les jeunes cavaliers français en obstacle alors qu’au Canada les jeunes cavaliers sont entraînés tout d’abord en Hunter pour ensuite faire les épreuves de cso.
Super explication de @matbo :)

Entièrement d'accord avec ce qui a été dit avant : la France à une culture plus "CSO"... Rien qu'en haut niveau, on n'est pas reconnu comme une nation de "dressage" ou de "hunter".

Comme il a été dit précédemment en Angleterre ou aux USA, le hunter est un passage obligé pour quiconque veut faire de la compétition. Ils ont aussi beaucoup de niveau plus mixtes que nous. J'entends par là, des reprises de dressage uniquement au trot et enlevé avec stick autorisé...
Idem les "CSO" chez les petits sont des évènements importants avec une tenue bien spécifique : poney tressé, cavalier en tenue impeccable avec nœud dans les cheveux, parcours effectué en équilibre...
Bref pas du tout la même ambiance que nous : poney/chevaux sellés avec les couleurs du club ou du cavalier, blouson/polo du club, pas de nattage...

Bref ce qui est reproché au Hunter pourrait l'être au CCE : peu de sponsors, peu d'argent à gagner, concours plus rares car il faut les infrastructures, beaucoup d'investissement car il faut travailler 3 disciplines dont 2 régulièrement( (dress et obstacle). C'est plus difficile également de gagner sur des petites épreuves car un mauvais dressage ou un cross avec des refus écartent irrémédiablement du classement. MAIS vu que c'est une discipline olympique, elle bénéficie tout de même d'un rayonnement un peu plus important que le hunter. Tout comme le dressage, c'est peu médiatisé mais ça l'est quand même :)

Je rajouterais une dernière chose. Dans mon club, je vois bcp de cavaliers qui ne se font pas reprendre sur leur position ou la justesse de leurs aides.. Pour la simple et bonne raison que dans la plupart des cours adultes, ce sont des personnes qui travaillent sur paris la semaine et viennent se détendre et faire leur concours du dimanche en club 3/2 sur des mobylettes et sont contents de gagner (ou se classer) ! ils sont le fond de commerce qui fait tourner la machine équestre.. Donc un client content est un client qui revient.. En revanche si le moniteur passe son temps à le reprendre, ne le lâche pas ou lui donne des chevaux un peu plus compliqués.. ils ne reviendront pas car ils ne vont pas "se faire plaisir"... chose que l'on accepte largement en étant propriétaire mais moins en tant que cavalier de club.
Il y a une autre raison, à mon sens, qui n'a pas été pointée ici.

On oublie aussi que la culture et les tendances ne sont pas les mêmes entre la France et les EU.

En effet, aujourd'hui, en France, de plus en plus de licenciés apprennent à monter à cheval dans le but d'avoir leur propre monture, de sortir en extérieur, de faire des balades, et de se détendre. De nombreuses personnes se tournent vers l'équitation pour le lien avec la nature, pour se déconnecter de cette vie à 100km/h qui nous demande sans cesse plus d'implication au travail, plus de sérieux, plus de performances.

Or, le hunter est une discipline exigeante. Elle demande du travail, une forte implication, des remises en questions, elle occupe beaucoup de temps, exige de l'assiduité.

Aux EU, la culture du "self-made man", la valorisation du travail "au mérite" est bien plus présente. Là-bas, aux travail comme dans les loisirs, c'est l'implication et le travail qui sont valorisés. De fait, le hunter peut y être plus répandu, car il correspond mieux à la culture du pays.

Alors je dirais que le hunter n'est pas seulement victime de la flemme des jeunes cavaliers qui, aujourd'hui, ont l'habitude d'avoir tout, tout de suite, jouent la gagne, ou préfèrent le CSO pour son rayonnement médiatique. Je dirais que la discipline souffre aussi de ses exigences, qui ne sont pas toujours en accord avec le besoin de calme, d'apaisement, que recherchent de nombreux cavaliers.
En tout cas de ce que je sais, la ffe est en pleine campagne pour populariser le hunter! Par exemple a équita Lyon il y a une épreuve pour les club qui se fait par équipe de 3, avec une personne de l'équipe qui fait un parcours de hunter et les deux autres de cso, mais avec l'obligation que chaque cavalier ait fait plusieurs épreuves de hunter dans la saison. Je sais pas si ces méthodes vont vraiment marcher, mais ça ne ferait pas de mal à beaucoup de cavaliers de devoir soigner leurs parcours !
À mon avis pour le haut niveau c'est une question d'argent : les épreuves plus populaires sont mieux dotées.

À niveau club/amateur, c'est surtout lié à la volonté des gens (suivie par les clubs qui veulent tourner un minimum) de faire rapidement des choses "fun".
Faut dire ce qui est, si un piaffer et un vertical à 1m ont la même classe on arrive plus vite à sauter 1m qu'à faire un piaffer...

Apprendre bien, ça implique de faire des choses chiantes. Quand je dis aux gens que pour avoir une aisance à bouger sur mes rênes j'ai attaché les rênes à une chaise et j'ai changé les longueurs de renes toutes l'après midi, le plus vite possible en les ayant ajustés je passe pour une tarée.
Idem quand je dis que j'ai fait beaucoup de mise en selle de ma propre volonté pour améliorer ma souplesse et ma tenue à cheval.
J'ai aussi eu un club qui gardait cette optique là à l'époque bien que uniquement axé CSO : bcp de travail de fond, quasi jamais de hauteur et des parcours à 50cm mais très techniques

Il y a des disciplines où il est plus facile de faire illusion de bonne équitation que d'autre, donc moins de frime car"j'ai mon G2 et je gagne en compétition". Le hunter et le dressage en font partie...
Personnellement, j'ai fait du CSO pendant longtemps et j'ai déjà vu plusieurs fois des jurys sortir des cavaliers, ou au moins leur donner un avertissement, en épreuve club ou poney...

Je pense quand même qu'il y a du vrai dans ce que vous dites, mais ça ne peut pas être la seule raison. Parce qu'à très haut niveau, on ne voit pas de cavaliers bourriner n'importe comment en CSO, mais on ne voit pas non plus de hunter...
Il y a peut être un relâchement ces dernières années, car à l'époque où j'étais au paddock et même avant ça, le jury et les chef de paddock n'hésitaient pas à arrêter et faire sortir les cavaliers, que ce soit en Club, Poney ou Amateur.

Le dernier juge avec qui j'ai travaillé (épreuve CSO et CSO du CCE en Club et Poney), on était sur la même longueur d'onde. Ce juge avait fait sortir une cavalière de son tour (pour usage excessif de la cravache), il l'a reprit une fois, la seconde il l'a fait descendre. Quand à moi, j'ai dû reprendre une fois une cavalière (une autre) et son coach. Ce dernier l'a mal prit, il est allé directement ce plaindre au jury. Le juge (moins commode que moi) lui a remonté les bretelles et il est sorti sans broncher. L'inconvénient pour lui, c'était que le juge avait oublié d'éteindre son micro, donc tous le monde a pût profiter de leurs discutions. Après ça les autres coachs ont été plus strict avec leurs cavaliers.
En épreuves club, pareil, jamais vu quelqu'un se faire sortir du parcours mais je sais qu'à haut niveau, c'est bien plus strict. Il a d'ailleurs eu un cavalier qui s'est fait disqualifié aux JO pour un usage intensif des éperons
http://www.europe1.fr/sport/jo-de-rio-2016-equitation-trop-brusques-avec-leurs-chevaux-deux-cavaliers-ont-ete-disqualifies-2821249

La question reste de savoir pourquoi à un niveau inférieur cela reste toléré :/
Je n'ai jamais vu quelqu'un se faire sortir d'un tour car il montait mal malheureusement ... Perso en voyant les cavaliers qui sont soutenus par les coach qui leur apprennent à monter comme ça justement, au secours!
C'est sûr tous les tours ne sont pas comme ça (ouf) mais au moins 10 cavaliers par concours font partie des culs dans la brouettes à grands coups d'éperons et la suite on verra si ça passe.
Je suis aussi cavalière de CSO, et je vois pas mal de choses qui me font clairement mal au coeur :/
Alkae, il ne faut quand même pas non plus abuser, tu ne fais pas ce que tu veux en CSO. Si tu fais des tours à coup d'éperons, de cravache (à répétition ou sans raison) et de demi arrêt, le jury te fera arrêter après quelques obstacles, ils t'engueuleront, te feront descendre et sortir. Enfin ça c'est si tu arrives sur la piste, car avant tu as la détente sous la vigilance du chef de paddock. Si un cavalier aurait fais ça avec moi, je l'aurais prévenu 1 fois, la deuxième avec l'accord du jury il aurait dégagé.

Tu as tout à fait raison Camille, en Grande-Bretagne, les cavaliers sortent déjà en Hunter avant de faire du CSO. Mais ce n'est pas que ça qui leurs assurent une équitation propre, le travail se fait en amont dès le niveau débutant. Contrairement à nous, les britanniques apprennent à sauter que bien plus tard. Ils travaillent beaucoup sur la position des cavaliers, d'abord sur le plat, et bien plus tard à l'obstacle. A bien des égards la France devrait copier le modèle britannique.

Quand j'étais ado, j'avais fais un stage de 2 semaines en Angleterre (avec cours en anglais et un traducteur en cas de besoin), sur toutes les séances d'obstacles, on a fait 2 parcours (les 2 derniers jours) le reste c'était des lignes sur la piste, matérialisé par des plots pour demander le minimum de direction. Les premières séances sur les lignes, ils n'ont pas hésité à nous attacher les étriers à la sangle (avec des lanières spéciale et non de la ficelle à ballot). Même si ça peut paraître bizarre, c'est un excellent outil pédagogique un peu comme le collier Freejump.
http://www.equilibriumproducts.com/product/symmetry-straps/
http://www.freejumpsystem.com/fr/produits-equitation/p/equipement-cheval/le-nouveau-collier/
Je dirais que le CSO est la solution de facilité. Le parcours peut être monstrueux, avec des coups d'éperons, de cravaches et 3 dents en moins, tant qu'il n'y a pas de points et qu'on fait un bon temps, on gagne. On a moins de mérite à gagner un CSO qu'un Hunter. (Clairement, tu es noté sur ta façon de monter en plus des barres, donc...)
Le Hunter doit être irréprochable, ce qui est pas forcément évident, il y a beaucoup de choses auxquelles il faut faire attention... Les gens pensent plus à s'amuser, qu'ils ne veulent pas s'embêter à bosser un parcours propre de Hunter, qui est un peu comme une reprise de dressage au final (et souvent si on veut faire QUE du CSO c'est qu'on aime pas le dress)
Pas besoin de "bien monter" un CSO, on peut se rasseoir dans la selle, tourner qu'avec la rêne intérieur, se prendre de belles georgettes ou des beaux taxis, bourrer dans son poney ...
Je pense qu'une grande partie de cette "flemme" au travail et d'équitation pas belle vient de l'enseignement qui est un peu de pire en pire, où il faut vite vite commencer les concours, et c'est CSO sinon rien. C'est pas pour autant qu'on voit pas d'horreurs en Hunter, mais c'est quand même moins souvent qu'en CSO. Le Hunter peut être plus "ennuyant" parce qu'il n'y a pas de vitesse, d'adrénaline, c'est plus posé donc je peux comprendre cet ennui.
Mais je suis contente il y a beaucoup de Hunter chez moi, et plus de personnes commencent à s'y intéresser... Je vois aussi des gens qui ne connaissent pas ça (sortez de votre grooootte)
Je sais que en Angleterre le hunter est plus connu car tous les cavaliers doivent passer par la catégorie hunter pour pouvoir aller faire du cso. Ce qui assure d'avoir des parcours propres et soignés d'où la qualité d'équitatio des anglais sur les parcours 😊
Après, mon jugement se fait sur la catégorie de cavaliers que je vois, c'est à dire surtout dans des clubs.
Sur un niveau pro, je ne sais pas ce qui pousse les cavaliers à délaisser le hunter. Peut-être que certains ressentent plus d'adrénaline sur le CSO que sur le hunter ? Ou qu'on ne juge pas le style et l'élégance, parce que quand je vois Roger Yves Bost (attention je ne critique pas, je ne ferais certainement jamais le quart de ce qu'il arrive à faire) je me dis qu'il est hors concours sur ce plan là ^^
Honnêtement moi je pense que c'est simplement parce que nous autres francais sommes généralement des impatients et que les disciplines qui demandent plus de "boulot" que le CSO (désolée les sauteurs, je ne vous critique pas promis, je vous admire beaucoup!) ne nous conviennent pas !

Le Hunter c'est comme le Dressage, ca se bosse pas pareil que le CSO, dans le sens où les attentes techniques ne sont pas les mêmes et demandent un peu plus de temps pour se peaufiner !

Je ne dis pas que le CSO ne demande aucun travail, au contraire ;)

Je ne sais pas comment expliquer... en tous cas c'est ce que je me dis souvent ...
Je pense que c'est surtout pour la seconde raison annoncée par Matthieu...
Dans ma région, les clubs proposent surtout des sorties en concours de CSO, c'est plus simple de donner un poney qui fait son travail tout seul même si c'est à toute allure tant qu'il se fait une place sur le podium que de faire travailler le couple. Tant que le cavalier gagne, il veut continuer les concours donc c'est des sous en plus pour le club (cours, transport et location du cheval...).
Le dressage ça saoule les cavaliers, s'ils ne sont pas irréprochables le cheval ne fera rien, alors qu'en CSO, un bon cheval bien rodé et tu n'as qu'à mémoriser le parcours !
La plupart des cavaliers que je vois ne pensent qu'au saut, pas au dressage qui est la base tout, même du saut et c'est bien dommage je trouve :(
Dans le même esprit Matthieu, tellement que la discipline est peu développée les participants sont peu nombreux et donc parfois on se retrouve seul dans sa catégorie. Donc même un cavalier moyen dans ce cas peut avoir ses qualifs (en tout cas dans ma région)
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