Ask Destrier : Quels sont les effets de l’amidon sur le cheval ? Est-ce négatif et doit-on éviter toute alimentation qui en contient ?

Ask Destrier : Quels sont les effets de l’amidon sur le cheval ? Est-ce négatif et doit-on éviter toute alimentation qui en contient ?
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Bonjour,

L'amidon est un grand sujet de questionnement et de recherche en alimentation du cheval.


L'amidon fait partie de la classe des glucides solubles qui après dégradation dans l'intestin grêle sont stockés dans le foie et les muscles sous forme de glycogène, ressource rapidement assimilable par le métabolisme en effort. Ce glycogène constitue la seule ressource énergétique lorsque le cheval fournit des efforts courts et intenses, en mode anaérobie (c'est à dire sans apports d'oxygène, de manière simplifiée quand le cœur fonctionne plus vite que les poumons...). Ces glucides solubles peuvent donc être considérés comme un "mal nécessaire" aux efforts courts et intenses, type parcours de CSO, finish d'une course... Vous comprenez aisément le risque à s'en passer...

Le problème de ces glucides solubles est qu'en cas d'excès, ils déstabilisent des fonctions de l'organisme et un apport maximum ne doit pas être dépassé :

Tout d'abord l'utilisation du glycogène dans les muscles libère de l'acide lactique, dont l'accumulation est responsable de fatigue musculaire, de crampes. Il est donc nécessaire de bien ajuster les apports à la charge de travail pour prévenir un stockage excessif de glycogène dans les muscles qui, mobilisé trop soudainement, peut déclencher une myosite aiguë, un coup de sang. Et il faut absolument en réduire les apports avec toute baisse ou arrêt de travail.

Ensuite, l'amidon est digéré au niveau de la partie antérieure de l'intestin grêle, où le système enzymatique est équipé pour cela. En cas d'ingestion, sur un repas, d'une trop grande quantité d'amidon, la vitesse du transit rendra impossible la dégradation de la totalité de l'amidon, celui ci se retrouvant dans le gros intestin, pas du tout équipé pour digéré l'amidon. Cet amidon résiduel va perturber le bon fonctionnement du microbiote présent dans cette partie du système digestif. Cette déstabilisation peut être à l'origine de sécrétion de toxines par le microbiote, responsables de coliques, de fourbures...

Au vu de ces éléments il est donc important de plafonner les quantités d'amidon ingérées par jour et de les fractionner pour préserver le bon fonctionnement digestif. Les derniers travaux de recherche ont fixés les seuils suivants, pour des chevaux ne souffrant pas de pathologies spécifiques :
Maximum 2 g par 100 kg de poids vif par repas,
Maximum 4 g par 100 kg de poids vif par jour

Se passer de glucides solubles, dont l'amidon, au vu des efforts demandés à nos chevaux de sport parait difficile. Par contre, en contrôler les apports, substituer le plus possible les glucides par les autres sources d'énergie que sont les matières grasses et les fibres, et adopter des bonnes pratiques est en effet indispensable.

Vous retrouverez sur les fiches techniques Destrier, la répartition des sources d'énergie (glucide, matière grasse et fibres), qui en fonction des besoins du cheval et de ses sensibilités, permettent à chacun de faire les bons choix.

Bonne journée

L'équipe Destrier.
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