La mise sur la main. Je comprends l'aspect mécanique, théorique et l'importance pour le cheval. Mais concrètement, comment y arriver ?

Merci pour vos réponses développées, j'ai plus qu'a me remettre au boulot J'espère que ce travail portera ces fruits
Concrètement, si tu as un cheval au point au niveau musculaire et souplesse, ce n'est qu'une question de mise en place des aides.

Commence par y consacrer des séances spécifiques, où tu ne travailleras que ça, et quand tu seras au point et que ça viendra plus naturellement pour ton cheval et toi, tu pourras le mettre en pratique "en toutes circonstances" (même si ça te sera surtout utile en dressage).

Pour mettre ton cheval sur la main, lorsqu'il est déjà détendu et les muscles chauds, il y a trois étapes :
- impulsion et engagement des postérieurs
- tension de la ligne du dessus
- éventuellement lorsque tu as obtenu le bon geste pendant quelques temps, extensions d'encolure pour encourager encore le dos à s'étendre et à porter, même si le cheval fatigue dans la nuque

Pour la première étape, rien de compliqué à première vue : tu dois donner de l'impulsion à ton cheval. Si tu as mené ta détente correctement, ton cheval a déjà du rythme, il te suffit donc, concrètement, de serrer un peu plus ton mollet au contact, de manière à intensifier légèrement sa poussée, et à garder cette énergie. La jambe en premier lieu, donc.

Deuxième étape, ton cheval doit "porter", donc monter son garrot, tendre sa ligne du dessus et mobiliser ses abdominaux. Pour ça, les exercices clefs sont :
- légère épaule en avant pour remettre les épaules devant les hanches (un cheval qui n'a pas la rectitude aura plus de difficulté à tendre sa ligne du dessus)
-> aides : jambe intérieure qui agit à la sangle, jambe externe légèrement en arrière de la sangle pour maintenir les hanches sur la piste, légère rêne d'ouverture interne, rêne externe qui régule l'écartement des épaules
- un travail simple, sur des cercles par exemple, pour garder la souplesse et l'inviter à se mobiliser (et donc à mobiliser son dos par la même occasion) mais pas trop complexe, dans un premier temps, pour qu'il se concentre sur la mise sur la main
-> aides de l'incurvation
- des transitions régulières, de plus en plus rapprochées, intra-allures et entre les allures : pas de travail-pas allongé ; pas de travail-petites foulées ; pas-arrêt ; pas de travail-petit trot ; etc. Ces transitions vont l'amener à monter son garrot. Là, attention, il ne faut pas perdre l'impulsion et garder les postérieurs sous la masse, donc la jambe présente, et un cavalier à sa place et assis (ce sera plus facile pour lui de porter efficacement un cavalier qui ne s'agite pas sur sa selle)
-> aides des transitions montantes ou descendantes

Ces différents exercices amèneront ton cheval à monter son garrot et tendre sa ligne du dessus : ceci fait, postérieurs engagés et dos tendu, ton cheval devrait naturellement venir céder dans sa nuque, le contact sur les rênes se fera alors plus moelleux, et tu auras un cheval sur la main.

En principe donc, dans l'idéal, le cavalier agit pour amener l'impulsion et la tension des muscles dorsaux, mais pas pour le placement de la tête.

Cependant, si le cheval raffermit son contact sans vraiment céder et a du mal à le faire, on ferme ses doigts sur ses rênes et on résiste quelques instants. Dès que le cheval fait mine de céder, même d'un millimètre, on relâche cet excès de tension. On reproduit l'exercice, en agissant sur les rênes de façon discontinue : le cheval comprendra que céder apporte le confort, et viendra de lui-même se placer.

Attention ! agir de façon discontinue sur les rênes ne signifie pas "faire du gauche-droite" (ce qui est tout à fait contre-indiqué), mais seulement affermir le contact et céder successivement à plusieurs reprises. La tension sur les deux rênes doit toujours être identique ! On ne force jamais plus d'un côté que de l'autre.

Donc si on récapitule, en pratique, avec un cheval détendu et échauffé aux trois allures, il te "suffit" de :
- développer l'impulsion, encourager l'engagement des postérieurs -> action : la jambe
- amener ton cheval à monter son garrot et tendre sa ligne du dessus -> action : les différents exercices décrits plus hauts (légère épaule en avant, incurvation sur des courbes larges, transitions)
- si le cheval ne cède pas de lui-même : amener le cheval à céder dans sa nuque -> action : agir de façon discontinue sur les rênes (fermer les doigts - céder quand il cède - et ainsi de suite)

Ceci fait, ton cheval est sur la main, il tend son dos, porte efficacement son cavalier, et se retrouve dans une attitude propice au travail.
Salut Clément, je montais avant un cheval très dur dans la bouche, un étalon avec vous une grosse encolure et grosses ganaches et donc ne pouvait pas se mettre sur la main correctement. Pendant un cours, notre mono nous a fait bosser sur un cercle en faisait incurvation/contre incurvation, hanches dehors/intérieur avec bout du nez sorti ou pas. Ensuite on travaillait sur un 8 de chiffre. Il faut beaucoup mobiliser les hanches et les épaules.
À la fin mon Poney était rond et hyper léger :)
Tout ce qu'a dit Lbh me semble bien résumer la chose, mais j'aimerai rajouter que l'extension d'encolure est un très bon moyen pour commencer à travailler dans cette optique là (toujours grâce à l'impulsion). Cependant il faut faire gaffe à ne pas vouloir précipiter les choses: il vaut mieux prendre sont temps pour acquérir de bonnes bases et donc avoir une atitude "juste" par la suite, que de absolument vouloir un cheval "placé" par différentes techniques rapides certes (comme l'exemple de Lbh) mais qui conduiront à un cheval qui travaille le dos creux et encapuchoné.
Si tu comprends l'aspect mécanique tu devrais pouvoir trouver tout seul 😉
Ça va passer par tous les exercices qui vont aider le cheval a s'équilibrer sur les hanches : EED, HED, incurvation et changements d'incurvation etc...

Le cheval doit être souple, avoir une ceinture abdominale et une arrière main musclées, et été capable de garder de l'engagement et de l'impulsion malgré un équilibre "vertical".

Et là, miracle, il est en place tout seul !

Le délire du "je joue dans les doigts pour mettre en place" c'est bon pour la photo et encore... C'est la dernière étape, pour affiner la position du cheval déjà en place en fait.

La mise en place vient des hanches.
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