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Beaucoup autour de moi disent qu'il est très difficile de vivre des métiers du cheval... Quels sont vos avis sur la question ?

Beaucoup autour de moi disent qu'il est très difficile de vivre des métiers du cheval... Quels sont vos avis sur la question ?
Je suis d'accord avec les témoignages précédents. Si tu t'engages dans le monde équestre en profession, il faut savoir à quoi te tenir. Les horaires sont à rallonge, tu vis avec des êtres vivants il faut donc être aussi flexible si besoin (ex: problème véto), le salaire hors cas particulier, est en général assez peu élevé pour le temps passé au travail, et les coûts sont importants si l'on possède sa propre structure.
J'ai eu une monitrice qui gagnait trop peu pour se payer son propre cheval de concours, et qui a dû attendre des années avant d'être capable de se l'offrir, tu imagines sa frustration.
Après il ne faut pas voir tout en noir, si des gens font ce métier, c'est que ce n'est pas non plus le bagne. Il faut être à 100% et passionné.
Quant au conjoint, il est plus facile lorsqu'il est du même monde également.
J'ai hésité quand j'étais jeune de partir dans la filière, et puis je me suis dis que chaque fois que je partirai au cheval, je voulais en avoir l'envie, le bonheur. Et pas être un jour soûlée car je suis fatiguée, que je monte 7 bourrins par jour et que ça finisse par éteindre la flamme. C'est un peu brutal comme manière de penser mais ça m'a décidé !
C'est extrêmement éprouvant, au niveau physique comme mental.

L'aspect financier n'est pas simple non plus car tu dois rentabiliser chacun de tes rapports à l'animal.
C'est, sans compter le trauma des chutes, une usure physique constante au niveau des articulations.
Niveau horaires, tu bosses beaucoup et surtout quand les autres sont au repos donc pour la vie sociale tu repassera...
Tu vois aussi des gens avec des carrières plus "florissantes" que la tienne qui vivent leur passion avec beaucoup moins de limites que toi au final, une fois leur journée terminée.

Je me suis longuement renseignée avant de choisir mes études, j'ai beaucoup hésité avant de mettre l'équitation hors de ma vie professionnelle.
Aujourd'hui je suis en école d'ingénieur, et quand je compare la situation des diplômés de mon école et celle de mes amies ayant choisi d'être cavalières pro / monitrices etc bah je garde ma place.

Le témoignage le plus amer que j'ai eu était celui de mon coach, très bon cavalier avec une situation stable et plusieurs chevaux de concours à lui ou confie sur le long terme. Il avait "tout pour vivre sa passion" et pourtant il avait perdu le feu sacré sans pouvoir se réorienter.
Il peut être intéressant de faire le parallèle avec les métiers artistiques, par exemple. Prenants, exigeants, pas forcément valorisants en termes de salaire, mais permettant à ceux qui les exercent de vivre de la passion qui les anime.
C'est un avis qu'on entend beaucoup. De par certains aspects, cela peut se comprendre, notamment parce que les salaires ne sont - en général - pas mirobolants. Que ce soit moniteur, gérant d'une structure, groom, palefrenier, éleveur, cavalier professionnel, les débuts sont souvent difficiles. On part souvent de rien.

Avant d'avoir de vrais gains en concours, une bonne notoriété pour ses produits en élevage, une clientèle fixe dans une écurie, il y a du chemin à faire. De plus, souvent, cela demande pour démarrer des investissements conséquents.

De plus, ce sont des métiers où on ne compte pas ses heures, où il faut s'investir énormément pour obtenir des résultats. Les moniteurs enchaînent les cours - parfois au détriment de leur propre pratique équestre. Les éleveurs veillent leurs jument toute la nuit en attendant un poulinage. Les cavaliers pro enchaînent les entraînements et les concours, parfois loin. Psychologiquement, c'est exigeant. On pointe souvent du doigt ce manque de disponibilité, qui peut interférer avec une vie familiale.

Tous ces éléments mis bout à bout font que, bien souvent, on voit les métiers du cheval comme difficile, exigeants, demandant beaucoup d'investissement personnel et financier par rapport à ce que cela peut rapporter en termes de salaire.

Et, si on ne peut nier que ces difficultés existent, il ne faut pas oublier que s'engager dans cette voie, c'est accepter les obstacles non par résignation, mais par passion.

On pourrait résumer la chose en disant que s'engager dans un métier équestre, c'est accepter les difficultés pour pouvoir vivre de ce que l'on aime, et côtoyer ce milieu chaque jour. Il faut être sûr de soi, avoir de la volonté, et être conscient des inconvénients. Mais ceux qui choisissent ce chemin le font en connaissance de cause.

Je pense que, jeune, lorsqu'on se demande quelle voie emprunter, il faut réfléchir très soigneusement. Peser le pour et le contre. Est-on assez motivé et passionné pour accepter les inconvénients qui vont avec le métier que l'on désire ? Est-on prêt à l'assumer pour de longues années ? Sinon, serait-on prêt à reléguer notre passion au rang de loisir, à côté d'un autre métier ?

Une fois trouvée la réponse à ses questions, alors seulement on est en mesure de faire un choix. Qui doit venir entièrement de celui qui le prend.