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Est-ce que les performances ponctuelles en concours sont plus valorisantes qu’un travail quotidien de qualité avec un cheval détendu ?

Est-ce que les performances ponctuelles en concours sont plus valorisantes qu’un travail quotidien de qualité avec un cheval détendu ?
Malheureusement je fais le même constat que Frédérique, les cavaliers se sentent souvent plus valorisés lorsqu'ils accomplissent une performance, en concours ou à la maison, que lorsqu'ils font une séance constructive avec un cheval à l'écoute et détendu.

Tout ça s'inscrit dans la problématique plus large de la recherche de performance : pour être déclaré "bon cavalier", il saut sauter haut, monter des chevaux dits "difficiles", bref, du spectaculaire. Je pense qu'on le doit beaucoup à nos enseignants, qui ont tendance à "griller des étapes" dans le parcours du cavalier. Aujourd'hui, on n'attend pas que les choses soient bien acquises pour passer au niveau supérieur, donc forcément, on construit sa pratique sur des bases instables. "Tu sais enchaîner en 80cm ? Bon, parfait, peu importe que ça soit un peu brouillon, avec des tracés pas parfaits ou un cheval tout de travers, c'est passé, donc on monte, allez, maintenant on va bosser sur 1m".

On n'apprend plus aux cavaliers que l'on forme qu'ils doivent non seulement réussir un exercice pour passer au suivant, mais réussir à le faire plusieurs fois, avec un cheval calme, aux ordres, dans la bonne attitude, avec différents chevaux aussi. Au bout, ça donne des cavaliers qui ne cherchent pas forcément le bon geste, qui ne prennent pas le temps de s'appliquer, mais qui "bidouillent" pour que ça passe et qu'on aille plus loin.

Je pense cependant que c'est quelque chose que l'on peut corriger. Notamment du côté des enseignants. En effet, la recherche de performance ne vient pas forcément d'un "mauvais esprit" de compétition, du genre "je veux que mon écurie éclate les podiums, peut importe que les parcours soient moches". En revanche, je crois que les enseignants sont parfois trop ambitieux pour leurs élèves. Ils voient en eux le potentiel techniques, ils "savent" que leurs élèves sont techniquement "capables" de performer, donc ils les y poussent.

Mais parfois, ils oublient le côté raisonnement, le côté mental. Ils montent les barres, ils donnent des chevaux plus difficiles, mais ils ne prennent pas forcément le temps de se demander si le moment est vraiment bien choisi. Ils ont envie que leurs élèves progressent, alors c'est l'escalade. Il en résulte donc que leurs élèves eux-mêmes pensent que c'est ainsi qu'on progresse, donc ils essayent de suivre, mais la qualité de monte et la décontraction/ l'état d'esprit en pâtissent. On se retrouve avec des cavaliers qui se sentent "bons" uniquement s'ils franchissent un gros obstacle, ou gèrent un cheval très difficile.

Si on voulait corriger ça, il faudrait rappeler aux enseignants qu'on valorise d'abord le bon geste et la bonne attitude, avant la performance. En envoyant en concours les élèves qui montent "juste" plutôt que ceux qui montent "bien". En n'augmentant la difficulté que lorsque le niveau précédent est totalement maîtrisé.
Bonjour Stéphanie,

ça tu vois, c'est la question que je me pose encore de temps en temps...

Personnellement, l'un n'empêche pas l'autre, au contraire...Mais il y a encore beaucoup d'enseignants ou cavaliers qui poussent dans le stress avec un cheval tendu et raide de stress, et qui poussent toujours plus. Ca doit aller vite...Sinon ça ne va pas. Et pas qu'en concours tu peux me croire! Certains ne sortent pas en concours, mais les enseignants poussent limite au forcing, pourquoi? Je me le demande.

"Super on fait ceci et cela en cour" - "Top aujourd'hui on à enchaîné 110"... Dès l'instant où on est dans une écurie avec un esprit de "compétition", 8 fois sur 10, même le cavalier lambda qui veut juste apprendre finira par céder à l'appel de sa propre valorisation.

C'est dommage mais ont ne peut rien y faire.