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Traction animale en exploitation agricole : comment trouver un équilibre entre rentabilité et bien être animal (équipement, logement, entraînement, échauffement, âge ...) ?

Traction animale en exploitation agricole : comment trouver un équilibre entre rentabilité et bien être animal (équipement, logement, entraînement, échauffement, âge ...) ?
Il est par contre difficile de comparer le système de vie des Amish et la transposée à notre rationalisation et à notre système de rentabilité. Parce que les Amish ne cherchent pas à être rentables. C'est une communauté particulièrement fermée qui vit en autarcie, on ne produit pas pour du profit (ce qu'inclut automatiquement le terme rentabilité) mais pour permettre à la communauté de prospérer et de ne manquer de rien. J'avais déjà vu une sorte de marcheur qui produit de l'électricité grâce au mouvement du cheval. Ingénieux mais quand le cheval s'arrête, l'électricité ne marche plus... Donc si tu veux l'électricité H24 bah faut qu'il y ait toujours un cheval... Heureusement, les amish aiment pas trop la technologie moderne.
A partir du moment où le cheval est destiné au travail, on peut déjà mettre de côté une grande partie de l'affect que l'on a en tant que propriétaire de loisir. Sans parler de maltraitance, on revient au fait que les chevaux redeviennent un moyen pour arriver à une fin (retourner la terre par exemple) donc il est peu envisageable de les laisser "rien faire" car rien faire, "on perd de l'argent". Mais on vit aussi dans un monde qui a beaucoup changé. Mon arrière grand père était agriculteur et produisait des melons en Charente. Il avait 1 seul cheval. Avec ce cheval il entretenait toute son exploitation, ma grand mère a toujours connu ce cheval jusqu'à l'âge de 8-9 ans (ma grand mère pas le cheval) quand les allemands sont venus récupérer le cheval pour la guerre. Sinon mon grand père faisait tout avec, tous les jours de l'année. Retourner la terre, la récolte, le marché. Je ne dis pas qu'il était le plus heureux et forcément bien dans ses sabots (déjà parce que je l'ai pas connu xD) mais aussi que les soins apportés aux chevaux sont très différents par rapport à avant. Clairement avant, c'était véto, maréchal, le reste on n'y pense même pas... Ca baissait déjà pas mal les charges et augmentait donc forcément la renta.
Sans aller aux USA avec les Amish, on peut déjà se poser en France sur le cas des débardages avec les chevaux de trait et de toutes les entreprises qui ne vivent que comme ça, avec un cheftaine de chevaux qui travaillent très certainement du lundi au vendredi. Là on est dans la recherche de rentabilité, gestion des coûts et EBE.
Je suis en soit plutôt pour un retour du cheval dans le travail mais peut être pas dans tout ce qui est lourd en terme de taux de rentabilité comme l'agriculture. Par contre, revoir des chevaux qui font les transports scolaires, ramassent les poubelles ou entretiennent des espaces verts, ça apporte forcément une touche écologique mais tout le souci du cheval c'est bien d'en tirer un bénéfice économique intéressant par rapport au tracteur (car clairement c'est toujours comme ça qu'on réfléchira en terme de renta à long terme, même si un tracteur ça coûte 3 reins...).. Je pense que personne ne connait le ratio parfait entre renta maximale pour avoir une structure pérenne et bien être animal. Tout simplement car pour certains on pourra toujours en demander plus à la bête et pour d'autres, on en demande trop et il est en souffrance.
Pour votre donner un exemple, en plus des rares documentaires sur les Amish je vous suggère de regarder la ferme de Andrew Cocup. Il cultive 100ha de céréales en traction animale avec un simple manuscopique en appoint.

Et j'ai quant a moi trouvé des situations qui me paraissent acceptables des deux côtés, mais j'aurais aimé avoir vos avis avant d'exposer mes réflexions, le but n'étant pas de faire simplement critiquer (constructive hein le sens de la critique) mes hypothèses.
D'où ma question, la traction animale tendant a revenir de façon intelligente et raisonnée sur des fermes économiquement viable, comment trouver une "rationalisation" de l'entretien du cheval ? Le but n'est pas de coûter plus ou moins cher qu'un tracteur (d'ailleurs pas donné a entretenir) mais de savoir comment trouver le bon équilibre pour que le cheval ne "plombe" pas la structure.

Car comme en équitation professionnelle, on ne peut pas traiter son cheval "gagne pain" comme un compagnon de loisir malgré tout notre attachement a son bien être... On ne peut pas avoir un ETP dédié a l'entretien des chevaux, ni des frais véto/ostéo/autre similaires au monde des courses où les sommes investies sont tout autre. On ne peut pas non plus oublier qu'on a affaire a un être sensible, qui a besoin de confort physique et émotionnel, d'entraînement et de soins sans quoi on va vite saboter notre outil de production animale.

Et'est là ma question : avez vous une opinion sur la question. Pas sur comment optimiser les coûts de production, ni sur quelles sont les conditions de vie idéales pour un cheval domestique
Je connais le principe d'économie d'échelle et compagnie.
Je ne parle pas non plus de marge car dans la réalité économique, même en vente directe la grande distribution donne le La en influençant le prix moralement acceptable par le client. Par exemple, la campagne Carrefour sur les produits bio français a bas tarif, avec des moyens de communication démentiels, a modifié ce prix limite. Le client, même en ayant conscience des coûts de production pour un produit produit dans des conditions différentes et avec une qualité de service différente (fraîcheur, diversité, transparence...) ne mettra pas le prix. Même si celui ci est justifié.

Il faut donc optimiser les itinéraires culturaux pour baisser ses coûts, en grandes cultures comme en maraîchage. Mais là n'était pas la question.

Les Amish cultivent de très grandes surfaces avec une machinerie a traction animale moderne et des techniques culturales adaptées.
Avec la montée de l'agriculture dite sol vivant ou régénérative avec des itinéraires techniques "simplifiés" basés sur le non travail du sol et le semis direct sous couvert entre autre, la traction animale de grande échelle peut faire son retour en France. La montée de l'agroforesterie tend aussi a réduire le volume des outils.

Jusque là seulement limité a quelques projets marginaux de maraîchage et de viticulture (je sépare le débardage), c'est souvent une façade commerciale car les techniques culturales ne permettent pas l'essor de la traction animale
Pour avoir une bonne rentabilité c'est de baisser le coût de production, souvent le coût de production s'amortit avec la masse produit. Plus tu produits, moins ça te coûte cher et donc plus tu marges. A l'inverse, ta solution pour faire de la marge, c'est le choix de ton prix de vente.
Le souci avec la traction animale c'est que comparer à un tracteur, le rapport produit/temps n'est absolu pas comparable. Dans certains viticoles (Bordeaux je crois), ils essaient de faire une production de vin récoltée et entretenue par la traction animale. Ils avaient pour objectif d'avoir 1 tiers de la production avec la traction animale mais la majorité doit rester mécanisée par souci de rentabilité.
Si c'est pour vendre à des hyper/super marchés, tu n'auras jamais la capacité de production par contre, pour les marchés ou les maraîchers qui vont chercher du local et qui acceptent d'avoir des prix bien plus chers qu'en magasin.
Pour le bien être, il est évident qu'on est loin de la petite séance d'1h ou 1h30, tu ne seras jamais rentable à ce rythme. Je crois que les chevaux travaillaient 5 ou 6h par jour (ce n'est que du pas, aucune montée/descente), quasiment 3 ou 4 jours en pleine saison dans le viticole. Dans l'exemple du documentaire, il y avait 2 chevaux.
Ça ne répond pas à ma question car tu as complètement délaissé la rentabilité...

Cheval au pré ok, mais on ne peut pas se permettre des blessures, de la fatigue, ou juste un cheval qui va refuser de se laisser attraper car il n'a pas aimé le travail de la veille.

Rotation des chevaux ok, m leur pour faire la moisson en traction animale il faut un attelage de 4-5 chevaux. Entretenir 10 chevaux de travail à l'année pour les économiser ? Je te fais pas un dessin cet pas rentable...

Et le travail n'est pas harmonieusement réparti sur l'année donc il faut aussi travailler les cheveux a côté donc rotation des chevaux = deux fois plus de travail annexe qui ne va pas rapporter...