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Pensez-vous qu'une équitation plus éthique sera celle de demain ?

Pensez-vous qu'une équitation plus éthique sera celle de demain ?
Bonjour à tous, merci pour vos réponses intéressantes. Le débat sur ce qu'est une équitation éthique est un vaste sujet que Mathéa résume bien dans sa première réponse. Pour en revenir à la question, "pensez-vous qu'une équitation plus éthique sera celle de demain", je voulais juste apporter ma pièce à l'édifice en commentant que si en France, j'ai l'impression de voir de plus en plus de cavaliers faire des efforts pour faire passer leur cheval avant eux et pour s'engager dans une démarche écologique, dès que l'on part à l'étranger, le tableau est un peu plus sombre. Je reviens de quelques mois au Mexique notamment et j'ai l'impression que les chevaux sont beaucoup moins bien traités, l'équitation est assez brutale, et aucun effort écologique n'est fait. Après c'est compréhensible, pouvoir faire des efforts pour la planète est (entre guillemet) un "luxe" que nous avons, mais pour moi, si en France (et sûrement dans le monde occidental en général) nous allons vers une équitation plus éthique (quel que soit le sens de ce mot), dans certains pays étrangers, cette préoccupation est encore inexistante.
Je comprends ta façon de penser, et j'ailleurs, je partage totalement ton avis sur le fait qu'on devrait faire davantage passer les besoins du cheval avant nos envies.

Seulement, je reste toujours prudente avec ce genre d'idée, parce que, justement, si on voulait vraiment faire passer les besoins du cheval d'abord, ce serait impossible. Quand je parle du désir des cavaliers, je parle de ce qu'ils attendent de la relation avec leur cheval. Il y a des gens qui montent pour la compétition, l'adrénaline, la progression, le sport. Il y a des gens qui montent pour se déconnecter un peu de leur vie à 100km/h, se rapprocher de la nature, décompresser auprès d'un animal qui leur apporte de la sérénité. Il y a aussi des gens qui possèdent un cheval dans le seul et unique but de lui offrir une vie agréable au pré, et de profiter de quelques moments agréables avec lui.

Tous ces types de personnes recherchent une relation saine avec leur cheval, mais ils en attendent quelque chose. On attend tous un certain plaisir, si on décide de se lier et de se connecter à un animal, comme le cheval, c'est parce qu'on en retire du plaisir, du bien-être.

Le cavalier "sportif" recherche l'alchimie parfaite avec son cheval, la confiance mutuelle qui leur permettra de se dépasser et de progresser. Pour son plaisir.

Le cavalier "loisir" cherche l'harmonie avec son cheval pour passer des moments de détente agréables, se faire plaisir à deux, avoir une complicité qui permet à la fois de se divertir et de se sentir en osmose avec son compagnon équin. Pour son plaisir.

Le cavalier "non-cavalier", simplement propriétaire, cherche une relation saine avec son cheval pour le voir vivre heureux, profiter de moments privilégiés avec lui, se sentir proche d'un animal à qui il offre une vie agréable, il se sent heureux de vivre auprès de son cheval bien dans ses sabots. Pour son plaisir.

Je pense que chaque cavalier recherche la meilleure relation possible avec son cheval, mais il y a toujours un but à cela, et ce n'est pas mal ! Il n'y a aucun mal à se dire qu'on ne recherche pas cette alchimie que pour elle-même, mais aussi pour atteindre des objectifs, et pour se sentir heureux ! Le cheval, lui, tant qu'il se sent bien, se moque de savoir si vous lui offrez du confort pour réussir en concours ou juste pour le voir heureux. S'il est bien dans sa peau, et dans sa tête, alors pour lui, c'est tout bon.

Et de manière générale, on va de plus en plus vers ça, vers le respect du cheval et le fait d'avoir une relation saine avec lui. Mais il faut rester conscient qu'on le fait parce que ça nous apporte quelque chose à nous, en tant qu'humain. On ne fait rien sans raisons : la relation qu'on a avec notre cheval nous apporte toujours quelque chose, on recherche toujours quelque chose, et bien souvent, ce qu'on recherche, c'est le plaisir, l'épanouissement. Et que ça soit la réussite en concours, le fait de décompresser et de prendre du plaisir dans un loisir agréable, ou la satisfaction de rentre un animal heureux, on a bien un désir personnel quand on s'occupe d'un cheval (ou d'un autre animal). Moi, je trouve cela normal, ni bien, ni mal. C'est ainsi.

Mais à la question, est-ce éthique ? la réponse n'est pas évidente. On n'est jamais désintéressé quand on prend soin d'un animal. De ce fait, peut-être peut-on le voir comme un certain "égoïsme", donc contraire à une éthique pure et dure. D'un autre côté, à partir du moment où l'on possède un cheval, si l'on veille à tenir compte de ses besoins et à lui offrir suffisamment de confort pour qu'il se sente bien, alors peut-être finalement rentre-t-on quand même dans une certaine forme d'éthique, une éthique qui ne soit pas absolue, mais relative à notre état d'humain.
Je te remercie pour ta réponse bien construire !

Je parlais effectivement de l'éthique envers les chevaux (car c'est tout simplement ce qui me touche le plus au quotidien, il est plus "évident" de souffrir d'un animal que l'on trouve mal traité plutôt que de penser à la vache qui est sur son dos par exemple, même si c'est un grand problème à souligner également). Je parlais donc bel et bien de la relation, de l'intérêt et des façons de faire que l'on a avec les chevaux.

J'ai trouvé ta réponse très intéressante.
Selon moi il n'est pas contraire à l'éthique de s'occuper d'un cheval (si tant est qu'on comprend bien qu'il n'est pas notre propriété et qu'on n'en fait pas ce qu'on veut quand on veut), je parle principalement des chevaux à qui on ne demande même pas si ça plait ou pas, telle ou telle discipline : puisqu'il y a du potentiel, on reste sur celle-ci.

Mais soit je ne pense pas que le cheval soit un divertissement (dans ma philosophie, et non pas dans le monde équestre actuel bien-sûr).
Dit-on d'un chien qu'il nous divertit ? Bien généralement, ce qu'on veut c'est le rendre heureux et partager une belle relation avec lui. Je pense que c'est à ce même titre que nous devrions nous occuper de chevaux, et d'ailleurs de tous les animaux qui partagent notre monde domestiqué.

Je m'attarde sur la phrase : "ce n'est pas le désir qu'ont les cavaliers", pour que tu comprennes ma façon de penser : je pense que sincèrement, il serait bon de faire passer avant le nôtre, le désir de "notre" cheval.

J'espère que tu n'as pas mal compris quelque chose dans mon très léger développement.

Sinon, je suis complètement d'accord qu'il y a déjà une certaine sensibilité à la nature dans le monde du cheval. Pour l'équitation éco-responsable, ça viendra, c'est entrain de venir, en somme je suis d'accord avec toi sur tout le reste.

et je suis aussi d'accord pour dire que ma question portait à contre-sens, donc merci d'y avoir répondu tout de même!
Moi, je répondrais à ta question par une autre question : c'est quoi, une équitation "plus éthique" ? Plus éthique pour qui ? Les cavaliers ? Les chevaux ? Pour la planète ?

Qu'est-ce que ça veut dire, une équitation éthique ? Est-ce que ça veut dire utiliser des produits éthiques ? Genre cuir végétal, vêtements de fabrication française et pas fabriqués par des gamins au Bangladesh ? Est-ce que ça rejoins l'idée d'équitation plus éco-responsable, niveau recyclage des déchets, utilisation de l'eau, etc ?

Est-ce que ça veut dire plus de respect des chevaux ? Est-ce qu'on peut vraiment avoir un comportement éthique vis-à-vis d'un animal à partir du moment où on l'utilise pour se divertir ?

Est-ce que c'est une pratique plus respectueuse des cavaliers ? Des professionnels du cheval ? Une meilleure reconnaissance des métiers "mal aimés" du milieu ?

J'imagine qu'une équitation "plus éthique", ce serait un peu de tout ça. Pour ce qui est de l'équitation de demain, je ne suis pas sûre qu'on réponde à toutes ces questions, mais j'imagine qu'on ira dans ce sens.

De manière globale, dans le monde du cheval on se soucie de plus en plus de l'écologie et du respect de la planète, on pratique un sport en lien direct avec un animal, les cavaliers ont souvent un rapport plus proches que la moyenne avec la nature, ils y sont plus sensibles (en général). Les clubs prennent de plus en plus de mesures pour réutiliser/économiser l'eau, etc.

De manière générale, on va aussi de plus en plus dans le sens du respect du cheval, on est plus à l'écoute de leurs besoins (alimentaires, physiques, sociaux...), on tient davantage compte de leur bien-être. De là à parler d'éthique... je ne sais pas. Les puristes vous diront que si l'on veut vraiment respecter le cheval, on devrait lui rendre sa liberté et de grands espaces où vivre selon ses vrais besoins. Mais ça, c'est irréaliste, et ce n'est pas le désir qu'ont les cavaliers. Quoi qu'on en dise, on se sert du cheval pour se faire plaisir, alors certes, on peut se rapprocher au mieux de ses besoins naturels, mais on n'y est jamais à 100%. Aller vers une équitation plus éthique vis-à-vis de la façon dont on traite les chevaux, oui. Atteindre une éthique irréprochable envers eux, c'est impossible.

Pour ce qui est des pratiquants, des professionnels comme des amateurs, est-ce qu'on va vers plus d'éthique, là encore la question est vaste. Est-ce qu'on apporte aux élèves des centre-équestres un apprentissage complet, digne de ce nom, adapté à eux ? J'imagine qu'on essaye de progresser dans un sens où on rend l'équitation plus ludique, plus intuitive. Mais on sait aussi que l'aspect commercial pousse pas mal de clubs à "brader" des cours avec des effectifs trop importants pour que l'enseignement reste un tant soit peu personnalisé, on sait qu'on n'insiste plus toujours assez sur les bases, et donc n'offrant pas au jeune cavalier les fondamentaux qui lui permettraient de construire une pratique correcte et sécurisée. Il y a du travail dans ce sens, à mon avis, et une large marge de progression à envisager.

Enfin, je ne me prononcerais pas sur le cas de l'univers professionnel qui tourne autour des chevaux parce que je n'ai pas de références en la matière, mais la question mériterais d'être posée.