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Parfois je n’ose pas m’imposer sur le cheval, par peur de le gêner et Je culpabilise de les monter , ressentez vous la même chose à certains moments ?

Parfois je n’ose pas m’imposer sur le cheval, par peur de le gêner et Je culpabilise de les monter , ressentez vous la même chose à certains moments ?
Merci Mathéa pour votre explication , cela m’a fait ouvrir les yeux sur le fait que je ne pourrais jamais arrêter de côtoyer les chevaux ou de les monter car j’aime apprendre et progresser à leur côté . Néanmoins , il faut que j’apprenne à moins culpabiliser ! :)
Alors moi c'est quelque chose que je ne ressens pas comme de la culpabilité, en tous cas je ne vois plus les choses comme ça depuis longtemps. Pardon d'avance pour le pavé, mais j'ai eu une longue réflexion là-dessus donc je la partage, lira qui voudra.

Selon moi, on doit avoir conscience qu'effectivement, on utilise le cheval dans un but "égoïste" puisqu'on le monte pour notre plaisir personnel (ou pour réaliser une performance sportive, ou pour le travail, etc). Mais il faut aussi savoir admettre que c'est un état de fait auquel on ne peut rien changer. C'est l'éternel débat de la domestication, du bien-être animal et de l'exploitation.

Aujourd'hui, la seule raison pour laquelle des chevaux naissent, c'est pour l'homme. La seule chose qui fait que le cheval est encore une espèce grandement représentée aujourd'hui, c'est son usage en tant qu'animal domestique. Partant de là, oui, tout cavalier "exploite" son cheval d'une manière ou d'une autre, même si on le garde au pré et qu'on se contente de lui administrer des soins, même si on ne le monte pas, on le garde parce qu'on en tire un certain plaisir. Que ce soit le fait d'avoir un animal dont on peut prendre soin, que ce soit pour pouvoir faire de belles balades, se faire plaisir dans des disciplines variées, chercher la performance sportive ou la compétition, que ce soit même pour un travail à visée de rentabilité économique, on a des raisons "égoïstes" d'avoir des chevaux.

Partant de là, le cavalier a le devoir de prendre soin de son cheval. Comme l'a si bien dit Saint-Exupéry :

"Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé".

Tout est là, à partir du moment où tu interagis avec un cheval, qui lui, n'a rien demandé au départ, tu as la responsabilité de veiller à son bien-être, de veiller à ce que tout ce que tu feras avec lui se passe le mieux possible et le plus possible dans le respect de ses besoins. De fait, quand tu monte ton cheval (mais aussi quand tu le soigne, quand tu le panse, quand tu l'abrite ou le nourri, etc), tu es censé essayer de le faire d'une manière qui te permet de concilier tes objectifs de plaisir personnels et le respect de ton animal.

Mais malgré cela, tout le monde doit apprendre, le cavalier a des responsabilités, mais il a aussi droit à l'erreur. Personne ne naît cavalier émérite. Tout le monde doit apprendre, pour offrir à son cheval le confort qu'il mérite, on doit apprendre à monter sans gêner, à éduquer sans égarer, à punir sans méchanceté, à réagir sans excès, à travailler sans épuiser... et quand on apprend, on se trompe, ça fait partie du mécanisme.

La chose qui compte vraiment, c'est d'être suffisamment à l'écoute de son cheval et d'être suffisamment bien entouré pour repérer les erreurs, les analyser, les comprendre, et s'en nourrir pour s'améliorer. En fait, le cavalier qui a envie de bien faire et s'entoure correctement pour s'en donner les moyens n'aura jamais rien à se reprocher. Si ce que tu veux c'est concilier au mieux tes attentes personnelles et les besoins de ton cheval, si tu arrives à ressentir de la culpabilité lorsque tu te trompes et que tu lui fais accidentellement du tort, alors au final tu es sur la bonne voie. Je ne dis pas qu'il faut être sûr de soi et bannir la culpabilité : avoir un pincement au coeur quand on se rend compte qu'on a fait une bêtise et que notre cheval en a souffert (plus ou moins selon les cas), c'est bénéfique ! Parce que ça veut dire qu'on se soucie du bien-être de son cheval, et qu'on va essayer de s'améliorer pour que l'erreur ne se reproduise plus.

Pour prendre un exemple, choisissons un cavalier qui débute et qui n'a pas la main très fixe. Parfois, il va mettre un à-coup de main dans la bouche de son cheval, et ce dernier va manifester son inconfort (en secouant la tête, ou autre), et/ou son coach/moniteur va le lui signaler ("attention à tes mains, ça blesse ton cheval quand tu agis comme ça"). Quand ça arrive, il est normal que le cavalier se sente coupable sur le moment, qu'il se dise "mince, j'ai fait mal à mon cheval, ça ne va pas". C'est cette réflexion, ce sentiment, qui va le pousser à travailler sur sa position, à écouter les conseils qu'on lui donne et à faire des efforts pour garder une main fixe. Cela dit, une fois que tu as pris conscience de ton erreur, et que tu commences à faire ce qu'il faut pour apprendre à la corriger, il n'y a plus lieu de s'en vouloir !

Il faut que le cavalier apprenne à faire la part des choses entre une trop grande assurance qui virerait à l'insouciance, et la culpabilité perpétuelle qui finit par paralyser la progression. Il faut chercher un juste milieu. Se sentir coupable sur le moment quand on fait une faute et que le cheval en pâtit, oui, c'est normal, c'est même bien, c'est qu'on se soucie de son bien-être. Si on s'en fiche de blesser son cheval, il y a un problème. Mais il ne faut pas non plus rester bloqué dans sa culpabilité et ne plus vouloir monter de peur de reproduire son erreur, ou bien perdre son assurance et ne plus rien oser faire, parce qu'alors on ne s'améliorera jamais et on ne progressera pas. Ne rien ressentir quand on se trompe et qu'on perturbe son cheval ce n'est pas normal, mais culpabiliser excessivement et en faire une montagne c'est tout aussi mauvais !

Un cheval, pour se sentir en sécurité, à besoin de se référer à son cavalier, de sentir que ce dernier sait ce qu'il fait et où il va. Quand on tombe dans le cercle du "je vais mal faire, je vais me tromper, je vais lui faire mal, je ne suis pas sûr de ce que je fais", on transmet à son cheval un message d'incertitude, et chez lui, ça génère du stress voire de la peur.

Monter à cheval, on le fait pour le plaisir, donc il faut être attentif au bien-être de son cheval, parce qu'à partir du moment où l'on évolue avec lui, on en devient responsable. Pour autant, il ne faut pas s'interdire de se tromper, ou de mal faire. Il faut simplement garder un regard critique, savoir apprendre de ses erreurs, et faire de son mieux. Un cavalier qui fait de son mieux et veut le bien de son cheval n'a rien à se reprocher, même si parfois, il se plante, comme tout le monde. C'est le cavalier qui fait sans se poser de questions et sans se demander ce que son cheval ressent qui est à blâmer.

Pour conclure, j'ajouterai que ça concerne toutes les disciplines, et tous les objectifs. On peut monter en compétition, chercher la performance sportive, le podium, et pourtant respecter son cheval. On peut avoir un cheval comme force de travail pour des raisons de rentabilité, et en prendre soin. On peut monter en club et se soucier du bien-être du cheval qu'on monte. L'important, c'est, comme partout, toujours, et dans tous les domaines, de ne pas tomber dans les extrêmes. Le parcours du cavalier consiste en une recherche d'équilibre perpétuelle, en une recherche du juste milieu entre désir humain et bien-être équin. Il n'y a pas de mal à vouloir cela.

PS : Il s'agit là de ma propre opinion, mais il faut aussi savoir qu'il y a des gens qui réprouvent la pratique de l'équitation, qui considèrent que même en faisant des efforts dans ce sens, le cavalier ne respectera jamais parfaitement les besoins naturels du cheval (ce qui, sur le fond, est exact, aucun cheval ne vit tel qu'il le ferait hors de toute intervention humaine). Par conséquent, on peut aussi imaginer que certains feraient le choix de ne pas monter à cheval, renonceraient au plaisir qu'ils peuvent y trouver, parce qu'ils considèrent que ce n'est pas suffisamment respectueux de l'animal. J'ai une approche plus relativiste parce que je n'envisage pas de me passer de ma relation avec les chevaux et que je crois au juste milieu, mais pour certains, le compromis n'est pas suffisant.

Je ne jette pas la pierre à ceux qui ont cette opinion-là, même si du coup on n'en croise sans doute pas sur un site dédié à l'équitation. Mais si jamais ce que toi tu ressens te bloque trop, que ça te fait trop de mal de monter et que tu n'arrives pas à te débarrasser du sentiment de faire quelque chose de mal en travaillant avec un cheval, alors peut-être que tu te sentirais mieux en décidant de ne plus pratiquer ça. Je n'essaye pas de t'encourager à arrêter de côtoyer et de monter les chevaux, loin de là, parce que je suis convaincue de ce que ça peut avoir de positif pour l'humain de passer du temps avec les chevaux, mais je souligne simplement le fait que si c'est trop lourd à porter pour toi, peut-être que tu te sentirais mieux en renonçant à monter. Sur Horsealot, on ne fait que te donner des pistes de réflexion et notre avis, au final c'est à toi de faire le bilan et d'agir en ton âme et conscience, comme on dit.
Merci Frédéric pour votre explication :)
Bonsoir Coline,

vaste question...Il faut se la poser pour se remettre en question, ect... MAIS: Ne pas non plus trop chipoter, ou rester en total retrait comme l'a dit Judith.

Pour ma part, non pas que je me dise ça pour me donner bonne conscience, loin de là, mais une séance de travail mal faite même si le fond de l'idée est louable, est plus nocif qu'une séance de travail bien faite, et c'est encore plus vrai sur la période.

Certes, c'est un peu un "plaisir égoïste", mais si on fonctionne vraiment avec la volonté de créer un partenariat avec son cheval (un vrai, pas l'idée de se dire que peut être que c'est le cas), ça devient un plaisir en duo...Certains chevaux adorent les concours/les planning hebdo/... D'autres le font par plaisir pour faire plaisir à leur cavalier mais aussi partager un moment avec lui...Tout est toujours une question de point de vue!

Pour déculpabiliser mais surtout parce que c'est bien, passez du temps avec eux autrement qu'en selle. Même à pieds, même juste aller les mettre au paddock ou les rentrer vous même, même juste aller les voir et passer du temps avec eux (pansage ou même juste près de la porte ou dans le boxe), c'est faisable même avec des chevaux de clubs...Il y a pleins de moments en dehors de monter à passer avec eux et qui renforce un peu plus.

Si j'ai cette philosophie aussi "pointue" et souvent considérée comme purement borderline (Par des amateurs d'un coté comme des limite extrémistes, y a pas de jaloux, ça plait ou pas mdr), c'est grâce à un cheval en particulier que j'ai finis par réellement écouter et me remettre en question au plus profond que j'ai pu aller, et que j'ai énormément évolué autant à cheval que dans mon job ou mes connaissances persos. Et le pauvre bougre était mal considéré par la plupart des cavaliers amateurs à cause de son tempérament...Il faisait le tri super rapidement et à sa manière amateurs comme pros tout le monde y est passé au moins une fois pour comprendre son petit système et ses habitudes, et même en étant déjà ce que je pensais assez ouverte et respectueuse, j'ai faillis ne pas passer, et pourtant ;)

Des périodes difficiles on en à tous, et un cavalier vraiment très peu respectueux, utilisant les chevaux sans un minimum de psychologie, qui les considère vraiment comme des objets qui mériterai vraiment qu'on le lynche: Ca finit par se reconnaître assez vite, et ils ne sont absolument pas ceux qu'on voit se faire lapider sur les réseaux. Je dis ça, je dis rien mdr

Par contre, je précise que ça ne veut pas dire que j'ai l'esprit tranquille quand je dois me fâcher ou autre...Ca me dérange toujours même si j'essai toujours de me fâcher à hauteur de la connerie ou du cheval que j'ai en face!

"C'est en travaillant son cheval avec l'idée qu'il est heureux qu'on devient moins égoïste"
Ok , merci Judith ;)
Hey !

Je ne culpabilise pas...par contre le gêner ça m'arrive parfois...mais je me rends compte que c'est souvent dans ma tête et qu'il n'est pas plus gêné qu'un autre jour !

Après quand tu es au travail c'est primordial de s'imposer sinon après oui tu risques plus de le gêner qu'autre chose car tes demandes seront faussées et pas assez claires.
Oui , moi aussi j’ai l’impression d’être simplement une égoïste utilisant le cheval pour son plaisir personnelle , malgré le fait que je cherche constamment à progresser dans ma monte et mes actions afin de le gêner le moins possible ...
Je n'ai pas vraiment le problème d'avoir du mal à m'imposer, mais je culpabilise oui, surtout en ce moment qui est une période difficile avec ma jument. Elle est très stressé quand on s'éloigne des congénères, je sais que ça s'améliorera avec le travail mais je me sens coupable et pas légitime de lui infliger ça.
Sinon de manière générale depuis que j'ai eu une demi pension puis mon propre cheval et que j'ai fais attention à travailler "pour lui" en fonction de ce qu'il a besoin et dans le sens qui lui convient, je me sens bizarre quand je vais monter un cheval de club que je ne connais pas ou peu, et que j'ai l'impression "d'utiliser" pendant une heure.