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Comment choisir la bonne alimentation pour son cheval

Les facteurs sont nombreux et il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Quelle alimentation pour mon cheval ? Quels sont ses besoins ? Comment déterminer la bonne ration ? Existe-t-il une routine alimentaire type ? Décryptage avec Isabelle Orsini, experte en la matière et responsable de la marque alimentaire spécialisée Destrier.

Qu’il s’agisse d’une poulinière en gestation, d’un poney ou d’un cheval de course, les besoins nutritionnels des animaux ne sont pas les mêmes pour tous et dépendent d’une multitude de critères. Comment déterminer alors le bon régime alimentaire d’un cheval ? Selon Isabelle Orsini, experte en nutrition pour une célèbre enseigne d’aliments et compléments pour chevaux, il est nécessaire de s’interroger sur trois critères fondamentaux : quels ingrédients je souhaite mettre dans ma ration ? Quels sont les besoins de l’animal ? Quels fourrages sont à ma disposition ?

Les ingrédients de la ration

Il existe différentes manières de créer la ration d’un cheval. Tout d’abord, il est important de comprendre que le fourrage constitue la base de son alimentation. Son propriétaire pourra alors choisir entre un fourrage conservé ou bien de l’herbe pâturée, avant d’y ajouter des aliments complémentaires de fourrage, comme des céréales par exemple. Parmi elles, on peut citer l’orge, l’avoine ou encore le maïs. À cela, il est également possible d’ajouter des apports en protéines grâce au soja ou au foin de Crau (appellation d’origine protégée d’un foin produit par les agriculteurs dans la plaine de la Crau, dans le département des Bouches-du-Rhône, ndlr.), qui sont très riches. Pour les propriétaires qui n’ont pas ces éléments à disposition, il est possible d’acheter l’aliment complet en sachets (fourrage et compléments de fourrage mélangés).

Les besoins de l’animal

Pour comprendre les besoins de l’animal, et ainsi trouver la ration la plus équilibrée pour lui, il est important de prendre en compte plusieurs critères. Le premier concerne l’état physiologique du cheval. S’agit-il d’un cheval d’élevage (poulinière et jeune en croissance) ? D’un cheval adulte (en activité ou à l’entretien) ? Ou bien d’un cheval âgé ? À noter, que l’on peut considérer qu’un cheval est âgé à partir de vingt ans généralement, ou moins de vingt ans s’il a une perte d’immunité, une fonte musculaire ou bien des problèmes de santé. Cet état physiologique va alors déterminer des recettes d’aliments particulières.

Si on prend l’exemple d’un cheval adulte, c’est son activité qui va déterminer le type d’aliments dont il aura besoin. Un cheval à l’entretien au pré a des besoins énergétiques faibles tandis qu’un cheval sollicité pour la compétition va au contraire avoir besoin d’une alimentation concentrée en énergie et en vitamines afin qu’il soit capable de réaliser les performances attendues. Isabelle Orsini souligne notamment le fait que plus le cheval est sollicité, plus son organisme est déstabilisé : « Aujourd’hui, un cheval est fait pour manger douze à quatorze heures par jour, majoritairement du fourrage. Le mode de vie qu’implique la compétition n’est pas compatible avec cela. Il faut donc compenser avec une alimentation énergisante, à laquelle on va ajouter des sécurités, comme des levures vivantes, additifs et antioxydants, pour protéger l’animal. » Plus le cheval est sollicité, plus sa ration va donc être concentrée pour soutenir son organisme.

Les besoins du cheval dépendront enfin de sa taille et de sa race. Plus le cheval est rustique, comme un poney par exemple, plus ses besoins vont être bas et plus son organisme va être efficace. Au contraire, un cheval pur-sang aura des besoins beaucoup plus importants.

Le fourrage à disposition

Le troisième critère qui va déterminer le régime alimentaire du cheval concerne le fourrage, et plus particulièrement le fourrage à disposition des chevaux. L’un des critères les plus variables. En effet, il existe d’un côté du fourrage conservé (ou foin) qui va servir pour le bien-être digestif du cheval et de l’autre, de l’herbe. En fonction du fourrage à disposition mais aussi du type de fourrage choisi et des besoins de l’animal, les propriétaires vont pouvoir déterminer la quantité idéale à distribuer, en prenant en compte son poids notamment. L’idée ici n’est pas de changer le type d’aliments, puisque ces derniers sont reliés au stade physiologique du cheval et à son activité, mais d’adapter les quantités distribuées en fonction du fourrage à disposition.

Aujourd’hui, de nombreux sites spécialisés proposent des outils de mesure permettant de déterminer la ration idéale.

Existe-t-il une routine alimentaire type ?

Le système digestif est propre à chaque animal. Néanmoins, pour préserver la bonne santé de son cheval, il est important de respecter certaines règles communes. La première concernant la répartition de l’alimentation sur une journée type. En effet, les chevaux en box doivent éviter les périodes de jeun, autrement dit, ils doivent avoir quelque chose à ingérer au minimum toutes les trois heures, qu’il s’agisse du fourrage ou des aliments complémentaires de fourrage. Ces derniers seront déterminés en fonction des ingrédients choisis pour la ration, des besoins de l’animal ainsi que des fourrages à disposition, comme nous l’avons vu précédemment.

La seconde règle concerne ensuite la succession des rations dans une journée. Lorsque le cheval s’apprête à ingérer les aliments complémentaires de fourrage, il faut qu’au préalable il ait ingéré du fourrage (idéalement une heure avant), afin de lubrifier son œsophage et faciliter sa digestion. Comme le souligne Isabelle Orsini, l’erreur fréquente est de nourrir son animal avec les aliments complémentaires de fourrage le soir, sans qu’il n’ait accès au fourrage dans la nuit, et de lui en redonner le matin. Cela entraîne une perturbation de son système digestif. Dans le même esprit, il n’est pas recommandé de monter son cheval juste après lui avoir donné l’aliment. Idéalement, il faut attendre une heure pour éviter tout risque d’ulcères.

Enfin, le dernier point clé dans la digestion du cheval repose sur son hydratation. Mettre à disposition de l’eau à température ambiante systématique, afin qu’il n’ait jamais soif au moment d’ingérer l’aliment. Dans le cas contraire, cela pourrait provoquer des bouchons œsophagiens.

Qu’en est-il des fruits et légumes ?

Si le fourrage constitue la base de l’alimentation du cheval, de nombreux propriétaires sont tentés à l’idée de donner des fruits et légumes à leurs animaux. Cette pratique n’a rien de néfaste, à condition d’en connaître les apports nutritionnels mais aussi de connaître la qualité des ingrédients de la ration afin d’être régulier dans les quantités d’énergie, de protéines et de vitamines. L’avantage d’une ration constituée d’aliments complémentaires de fourrage est qu’elle est toujours régulière dans ses apports. Contrairement à une matière première qui, elle, sera plus irrégulière comme par l’exemple l’orge dont le taux d’amidon peut varier de 50 à 65%. Ici, il est donc important de distinguer les apports nutritionnels, des apports dits « ludiques ». Aujourd’hui, les fruits et légumes comme les pommes ou les carottes doivent servir à la diversification, à la relation propriétaire/animal mais ne doivent en aucun cas devenir la base de l’alimentation des chevaux. On les considère davantage comme des friandises, que l’on donne aux chevaux en guise de récompense.

Crédit photo : Louise Pilgaard / Unsplash

Rédactrice : Marie Testa


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