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Laetitia Du Couedic : « Ma mère m’a mise à cheval avant même que je sache marcher »

À tout juste vingt-trois ans, la cavalière Laetitia Du Couedic s’est illustrée dans de grandes compétitions internationales et cumule les partenariats avec de prestigieuses marques (Hermès, Parlanti, Gérofid Berney). Une passion pour les chevaux qui remonte à sa plus tendre enfance… Rencontre.

Vous souhaitez poser une question à Laetitia Du Couedic ? Rendez-vous sur le forum de Horsealot. Elle vous répondra dès que possible !


Horsealot : À quand remonte votre passion pour l’équitation ?

Laetitia Du Couedic : J’ai vingt-trois ans et je pense qu’on peut dire que cela fait vingt-trois ans que je suis passionnée ! J’exagère peut-être un peu, mais comme ma mère m’a mise à cheval avant même que je sache marcher (devant elle sur sa jument de l’époque), je ne dois pas être loin de la vérité !

Horsealot : Racontez-nous votre parcours…

LDC : En essayant de rester brève, mon parcours s’est vraiment profilé avec les chevaux que j’ai eu la chance de monter. En effet, certains chevaux ont vraiment marqué des paliers dans mon évolution… J’ai commencé, comme beaucoup, à poney, mais sans franc succès. J’ai donc profité que ma mère soit enceinte de ma petite sœur pour lui emprunter sa jument, Nixane CH. C’est avec elle que j’ai passé mes premiers diplômes et ai participé à mes premiers concours internationaux en catégorie Children. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de croiser le chemin de Wallaby, un hongre déjà expérimenté qui avait sauté des bons Grands Prix. Avec lui, j’ai participé à mes premières épreuves à 1m40 et à mon premier GP Junior. Malheureusement, cette relation a été rompue brusquement lorsque son propriétaire me l’a retiré pour cause de déménagement. Comme j’avais fait de bons résultats, ma famille et moi avions commencé à découvrir ce circuit “jeunes” qui nous avait plu et mes parents ont décidé de m’offrir un bon cheval. Si on m’avait dit qu’on allait tomber sur Elisa, je n’y aurais pas cru… Ma petite crack s’est acclimatée à moi aussi vite que la lumière et en quelques mois, m’a offert un titre de championne d’Europe par équipe, un titre de championne de Suisse Junior, une victoire dans un Grand Prix U25 et à la clef une participation à la finale de l’European Youngster CUP et au convoité CHI 5* de Genève. C’était comme vivre un rêve !

Lorsque j’ai eu dix-huit ans et ma maturité (certificat de fin d’études en Suisse, ndlr.), et notamment grâce à Magali Dubois-Vaucher qui s’occupait de mon image et ma communication, j’ai pu partir m’entraîner avec Kevin Staut au Haras de la Forge, en Normandie pendant un an. Ça a été une expérience géniale, qui m’a fait énormément murir et prendre conscience de la vie dans laquelle je m’apprêtais à me lancer. De plus, j’ai croisé la route, cette fois, de ma bien aimée Cheyenne 111 Z. Encore une jument généreuse, avec qui j’ai pu sauter quelques très gros parcours, notamment lors du CSI5* de Lausanne, lors des championnats de Suisse Elite, ou encore lors des championnats d’Europe Jeunes Cavaliers et aux États-Unis. J’ai passé trois mois à Wellington chez Daniel Bluman avec deux chevaux : Cheyenne que j’ai pu monter en compétition et Sandra Boy, un cheval qu’il fallait que nous vendions pour rembourser ce gros voyage… C’était là encore une belle expérience. J’ai découvert le système américain et le côté “business” de ce milieu, grâce à Daniel qui en fait beaucoup. Après cela, je suis rentrée chez moi en Suisse. J’ai été sélectionnée dans la Young Riders Academy. C’est un programme génial pour les jeunes cavaliers qui se lancent dans la vie de cavalier professionnel, j’ai adoré y prendre part. Je suis restée quelques années en Suisse où j’ai pu m’entraîner avec Jean-Maurice Bonneau, avec qui je suis devenue très proche. Je suis à présent de retour en Normandie, au Haras de la Chesnaye, chez Grégoire Oberson. J’ai emmené deux chevaux et je monte également ses chevaux.

En parallèle, j’ai également rencontré beaucoup de personnes incroyables, mes parents m’ont soutenue depuis le début et j’ai pu m’associer avec des partenaires de renom tels que Hermès, Parlanti, Gérofid Berney et le Groupe Chevalley, grâce à mon amie Magali Dubois-Vaucher.

Horsealot : Est-ce qu’il y a une compétition qui vous a particulièrement marquée et pourquoi ?

LDC : Ma compétition favorite à ce jour reste le Saut Hermès. L’endroit est tellement magnifique, et le sport y est toujours très palpitant. J’ai aussi adoré prendre part aux CSIOs et championnats d’Europe et porter les couleurs de la Suisse. Et bien évidemment le CHI de Genève, qui est l’un des plus gros évènements équestres mondiaux.

Horsealot : Avez-vous toujours eu l’esprit de compétition ?

LDC : Oui j’ai toujours été compétitive. Néanmoins, en évoluant je suis passée par des phases ou la compétition n’était pas toujours ma priorité. Notamment en montant des jeunes chevaux. Leur progression est plus importante que le résultat sportif.

Horsealot : Quelles valeurs vous enseigne l’équitation ?

LDC : L’équitation m’a appris avant tout le respect et l’écoute des animaux. Mais elle m’a aussi beaucoup responsabilisée de façon générale. Quand on a des chevaux, il faut s’en occuper, surtout si c’est des chevaux de sport. Il faut donc avoir un rythme de vie sérieux et digne d’un sportif. Aujourd’hui je ne le ressens plus car je m’y suis complètement habituée, mais pendant l’adolescence c’était parfois plus difficile. Mes amis commençaient à sortir le week-end, à partir en vacances ensemble tandis que moi j’étais en route pour aller en concours ou alors indisposée à partir en voyage car il fallait que je m’occupe des chevaux et qu’on s’entraine. Je ne le regrette absolument pas, c’est un choix que j’ai fait, chacun a ses priorités !

Horsealot : Les déplacements font partie intégrante de votre quotidien. Comment parvenez-vous à jongler entre vie professionnelle et personnelle ?

LDC : En effet nous voyageons beaucoup, mais c’est aussi souvent l’occasion de retrouver nos amis cavaliers sur les terrains de concours. Et puis aujourd’hui, il y a beaucoup de moyens pour rester en contact avec ses proches. Depuis que je vis à Deauville, ma famille me manque beaucoup car nous sommes très soudés et c’est ce qui me coûte le plus, mais pour le reste je n’ai jamais eu trop de problèmes. Ce qui est certain, c’est qu’il me faudra un mari compréhensif ! 

Horsealot : Vous êtes aujourd’hui partenaire de plusieurs marques (Hermès, Volvo, Parlanti). Ce rôle était-il important pour vous ?

LDC : Ce rôle est extrêmement important pour moi, oui. J’aime et me considère très chanceuse d’être associée à ces marques qui nous aident dans notre sport au quotidien. Cela me donne aussi envie de garder une image très professionnelle.

Horsealot : En dehors de l’équitation, comment occupez-vous vos journées ? Avez-vous d’autres passions ?

LDC : Mes journées sont bien remplies car je monte entre 6 et 8 chevaux par jour. Le soir j’aime me poser un moment, aller me promener avec ma chienne et des amis. J’adore aller au restaurant ou dans des bars pour voir un peu de monde. J’ai récemment commencé le yoga, qui me plait assez et me fait vraiment du bien. Je suis assez passionnée de plongée également ! Mes parents m’ont souvent emmené plonger quand j’étais plus jeune et j’ai pu passer mes permis. Récemment, nous avons plongé en Égypte c’était irréel. J’ai souvent dit qu’un jour, je prendrai un peu de temps pour aller plonger aux quatre coins du monde. Mon rêve serait de plonger avec des orques…

Horsealot : Vous partagez régulièrement du contenu sur les réseaux sociaux, est-ce important pour vous de rester proche de votre communauté ?

LDC : Oui, j’aime bien partager du contenu et ce qui me plaît surtout, c’est de voir qui ça touche et avoir des retours ! Néanmoins, j’ai décidé de me créer un deuxième compte privé lorsque j’ai commencé à avoir beaucoup d’abonnés. Je crois qu’il ne faut pas tout mélanger et évidemment faire attention à ce qu’on poste.

Horsealot : Est-ce qu’il y a une cavalière qui vous inspire en particulier et pourquoi ?

LDC : Je n’ai pas de cavalière qui m’inspire en particulier, même si je suis admirative de toutes les femmes qui montent à haut niveau. Si je devais en choisir une, ce serait sûrement Beezie Madden, car c’est une femme de cheval exceptionnelle depuis des années. Je suis admirative de beaucoup de grands cavaliers, hommes et femmes. Je suis certaine que chacun aurait beaucoup à m’apprendre.

Horsealot : Comment imaginez-vous la suite de votre carrière à cheval ?

LDC : C’est dur à dire car je monte de plus en plus de jeunes chevaux. Mon plus vieux cheval a dix ans aujourd’hui et je l’ai eu à sept ans. Il est régulièrement classé dans des grosses épreuves et c’est exactement cela qui me fait vibrer. De faire évoluer un cheval, de l’emmener sur des gros parcours, même s’il faut ensuite le vendre. J’ai décidé d’être cavalière professionnelle, ce qui veut donc dire que je dois gagner ma vie. Aujourd’hui, je préfère compter sur le commerce que sur les gains en compétition. On verra si par la suite je peux garder quelques bons chevaux et resauter des épreuves de haut niveau !

Horsealot : Qu’avez-vous envie de dire à la jeune génération, qui espère un jour atteindre votre niveau ?

LDC : Le meilleur conseil qu’on m’a donné est de faire les choses à son rythme et de toujours garder en tête que la chose la plus importante dans ce sport restera toujours le bien-être de nos compagnons à quatre pattes. Et puis, il ne faut surtout pas oublier de s’amuser, de prendre du bon temps, même si on a une pression sportive sur les épaules !

Horsealot : Quel est votre prochain challenge sportif ?

LDC : C’est dur à dire en ce moment à cause de toutes les annulations de concours, dues à la pandémie de COVID-19… J’avais bien commencé la saison en me classant 5ème du GP 3* de Vilamoura avec mon cheval de tête et j’avais l’intention de continuer à l’engager sur ces épreuves, qu’il soit performant le plus régulièrement possible pour ensuite le commercialiser. Tout cela a été un peu perturbé. Pour l’instant, il faut prendre son mal en patience. Je suis confinée au Haras et peux continuer à monter et entrainer mes chevaux ! D’autres n’ont pas cette chance…

Crédit photo : Lucio Landa

Interview : Marie Testa

 

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