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Adèle Renauldon : rencontre avec la jeune joueuse de polo française

À seulement 19 ans, la française Adèle Renauldon est l’une des meilleures joueuses de polo de sa génération. Retour sur son parcours et ses projets. 

Horsealot : À quand remonte votre passion pour le polo ?

Adèle Renauldon : Cette passion me vient de mon père qui a commencé à jouer en 2003 au Polo Club de Chantilly, par la suite il a acheté des chevaux et c’est avec lui que j’ai réellement commencé à monter au polo.

Horsealot : Racontez-nous votre parcours ?

A.R : J’ai grandi dans le monde du cheval, avec mon grand-père, Yves Bienaimé, écuyer fondateur du Musée Vivant du Cheval de Chantilly, ma mère Sophie Bienaimé Renauldon, cavalière de spectacle et directrice équestre et artistique des Grandes Écuries et enfin mon père Pascal Renauldon, cavalier de CSO pendant longtemps puis joueur de polo depuis 2003 et journaliste équestre.

J’ai commencé à monter les chevaux de polo de mon père très jeune en balade puis quelque cours de classique, mais c’est vers l’âge de 6 ans que j’ai commencé à prendre des cours de polo avec Pascal Jamet (poney club du polo de Chantilly). J’adorais l’ambiance au club et j’y passais tous les week-ends.

Vers l’âge de 11 ans j’ai fait mon premier match de polo et depuis ce jour-là, je n’ai plus quitté le club. J’ai toujours adoré le contact avec le cheval et même si les débuts dans ce sport n’étaient pas toujours glorieux je passais toujours de très bons moments avec les chevaux, car ce sont eux qui m’ont appris à jouer.

Par la suite j’ai eu une opportunité immense d’aller vivre trois mois en Argentine chez les Salvo, une grande famille de joueurs : Hector, le père, a gagné la Coupe d’Or de Deauville et c’est un grand dresseur de chevaux et Lìa, sa fille, est l’une des trois meilleures joueuses du monde. J’ai pu y apprendre l’équitation polo, le dressage du cheval et j’ai découvert une nouvelle culture.

En 2017 j’ai eu la chance de faire partie de l’équipe de France, médaille d’argent aux Championnats d’Europe de polo féminin et c’est à partir de ce moment -là que Brieuc Rigaux a commencé à me donner des cours d’équitation de polo. Aujourd’hui il continue de me coacher, de me transmettre son savoir afin de m’améliorer chaque jour.

Je tiens aussi à remercier mes sponsors qui m’ont beaucoup soutenu et accompagné depuis le temps : GPA, The Husk, ONA, Cap Orne, Au-delà des Pistes, Husse et depuis peu, l’Institut Esthederm. 

Horsealot : Quand avez-vous su que vous vouliez faire de la compétition à haut niveau ?

A.R : C’est un rêve d’enfant surtout mais c’est venu au fur et à mesure, aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir jouer avec Brieuc, le numéro 1 Français, qui m’aide énormément à progresser.

Horsealot : Est-ce qu’il y a une compétition qui vous a particulièrement marquée et pourquoi ?

A.R : La Ladies Cup de Deauville en 2018 avec Lia Salvo, Margaux Perruchot et Marguerite Percheron. Nous nous entendions toutes sur le terrain. Jouer avec Lia Salvo était un rêve d’enfant. Il y avait vraiment une ambiance spéciale autour de cette équipe, Dario Musso, un handicap 7 argentin nous coachait, Lìa nous isolait et nous faisait faire de la préparation physique, toute la famille était présente.

Horsealot : Qu’est-ce qu’on ressent lorsqu’on remporte le premier tournoi post confinement avec Brieuc Rigaux ?

A.R : Tout le monde était super heureux dans l’équipe, nous étions d’autant plus fiers que dans l’équipe adverse, il y avait deux joueurs professionnels, ce n’était pas un match très reposant ;)

Voir le numéro 1 français et ses chevaux jouer aux premières loges est très impressionnant.

Horsealot : Comment avez-vous vécu la mise en arrêt des compétitions ?

A.R : Un peu déçue mais je savais que mes chevaux étaient heureux au pré en Normandie. Nous étions sur le point de les rapatrier de Normandie quand le confinement a été décidé, nous sommes vite rentrés pour ne pas être séparés du reste de la famille et avons relâché les chevaux au pré et ils ont profité de ces deux mois de repos supplémentaires. A la reprise, en mai, nous avons laissé Kastel qui est mon meilleur cheval au pré pour le garder plus frais pour Deauville et l’Open de France et en profiter pour lancer Titi Parisien qui est un jeune cheval.

Horsealot : Catharos, Puritana, Kastel... Quelle relation entretenez-vous avec vos chevaux ?

A.R : Tous les jours c’est un plaisir et une chance immense d’aller les voir, c’est le moment le plus apaisant de la journée après le travail.

Je les travaille régulièrement, sur la piste, en forêt et sur le terrain du polo. J’aime mes chevaux, ils m’offrent beaucoup, ils sont patients avec moi, même si chacun d’entre eux a un caractère très différent.

Selon leur métabolisme et leur particularité, chaque cheval doit être traité différemment et d’ailleurs avec mon partenaire Husse nous leur avons concocté des menus individuels pour leur bien-être.

Il est vraiment important d’être à leur écoute pour ensuite pouvoir performer sur le terrain.

Horsealot : Athlète et étudiante à seulement 19 ans, comment parvenez-vous à jongler entre vie professionnelle et personnelle ?

A.R : La saison de polo commence en mars et se termine mi-octobre. A peu près l’inverse de l’année universitaire.

Le polo me prend beaucoup de temps mais j’arrive toujours à m’organiser afin que le polo passe après mes études sans pour autant en délaisser un plus que l’autre.

Horsealot : Quelles valeurs vous enseigne le polo ?

A.R : L’écoute, le partage, l’esprit d’équipe, la diplomatie, le calme. 

Horsealot : Vous êtes considérée comme l'une des meilleures joueuses de polo de votre génération. Est-ce que cela vous met une pression supplémentaire ou au contraire, vous pousse à vous dépasser toujours plus ?

A.R : Je ne me mets aucune pression vis-à-vis de ça car moi-même je n’y crois pas. Je préfère jouer et m’amuser avec mes chevaux plutôt que de me dire que je suis l’une des meilleures joueuses de polo de cette génération.

J’y vais à mon rythme et je cherche avant tout à ce que mes chevaux soient toujours au top pour les matchs.

Horsealot : Quel est votre prochain défi sportif ?

A.R : Dans un premier temps ce serait la Ladies de Deauville avec l’Irlandaise Shiobban Herbst, Lavinia Fabre et Margaux Perruchot ; en face il y aura de très bonnes équipes et c’est un tournoi très sympa dans un cadre mythique, l’un des tournois et des sites les plus réputés au monde et y participer reste toujours un moment fort de la saison.

Enfin l’Open de France Féminin avec Lia Salvo, le plus grand tournoi féminin de France avec les plus grandes joueuses du monde comme, depuis deux ans, Lia Salvo, les anglaises Nina Clarkin et Hazel Jackson qui ont toutes gagné l’Open d’Argentine.

Horsealot : Le polo féminin se développe de plus en plus. Qu'avez-vous envie de dire à ces jeunes filles qui n'osent pas encore se lancer ?

A.R : C’est un sport amusant, on y fait de belles rencontres et il permet de beaux voyages. Même si au débute cela parait dur il faut s’accrocher. On a besoin de filles !

Crédit photo : Presse

Interview : Marie Testa

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